1914-1918 dans le Vermandois

Le Vermandois pendant la Grande Guerre

Le Vermandois a particulièrement souffert lors de la Première Guerre mondiale comme en témoignent les nombreux cimetières militaires et monuments que l'on trouve sur son territoire. En effet, on y trouve plus de 40 lieux de mémoire auxquels s'ajoutent des sépultures de soldats dans la majorité des cimetières communaux.

Dès le 28 août 1914, soit moins d'un mois après la déclaration de guerre, notre région sera marquée par des combats notamment dans les villages de Nauroy et Bellenglise. C'est justement dans le cimetière communal de Bellenglise (photo) que l'on trouve l'unique carré militaire français dans le Vermandois.
Ce qui s'explique par les offensives allemandes qui occupent ainsi un territoire où il n'y aura plus de soldats français.
En effet, ces derniers ont été repoussé vers Saint-Quentin.

L'année 1915 est marquée par des attaques allemandes qui, en conséquence, font égarer des soldats alliés en zone occupée qui seront hébergés clandestinement par des habitants. Parmi eux, dans le Vermandois, à Villeret, il y a Robert Digby qui, pendant 16 mois, de février 1915 à mai 1916, réussira à tromper l'ennemi. Pendant cette période, il rencontre Claire Dessenne, 20 ans. De leur union naît une fille prénommée Hélène.
Le 16 mai 1916, Robert Digby et trois autres soldats de l'armée britannique seront capturés. Le 30 mai, Robert Digby est fusillé devant le fort du Catelet après que ses trois camarades l'ont été trois jours plus tôt. Les 4 soldats reposent dans le cimetière communal du Catelet.

Suite à la Bataille de la Somme de juillet à novembre 1916, les allemands revoient leur plan de défense. Traversé par la ligne Siegfried, partie de la ligne Hindenburg, le cœur de notre territoire est occupé par les allemands à partir de l'hiver 1916-1917.
Témoin de cette occupation, le souterrain de Riqueval où les forces armées allemandes ont pris soin d'y placer une trentaine de péniches vouées à soigner leurs blessés avant d'en murer chaque extrémité et d'en faire ainsi une place forte dans leur système de défense.
Sûrs de leur puissance, les soldats allemands résistent à l'offensive Nivelle sur le Chemin des Dames d'avril à octobre 1917 et tentent une offensive au printemps suivant qui échouera en juillet 1918.

C'est lors de l'offensive des 100 jours qui débute le 8 août 1918 et précisément par la prise du Pont et du souterrain de Riqueval par les armées britanniques et l'armée américaine le 29 septembre 1918, pendant la bataille de Saint-Quentin, que la ligne Hindenburg est percée sur notre territoire. Ce qui permettra de libérer les communes de Beaurevoir, Montbrehain ou Bohain par exemple à l'est du Vermandois entre le 5 et le 10 octobre 1918, soit un mois avant l'armistice du 11 novembre 1918.

Malgré cela, c'est pendant cette période que l'ensemble des armées ont payé le plus lourd tribut comme en témoignent les dates de décès de la quasi-totalité des soldats de nombreux cimetières comme dans le cimetière britannique de Beaurevoir (photo).